L’alimentation, un choix citoyen

Devant l’augmentation massive de la population mondiale après guerre, s’est posé le problème de l’assouvissement de ses besoins alimentaires. Comme on ne pouvait manger moins, on a décidé de produire plus. Une solution s’est alors présentée d’elle-même : l’agriculture intensive ou comment produire plus et mieux, en moins de place. Cette forme d’agriculture a eu ses avantages mais aussi de nombreux inconvénients.C ‘est ce que nous allons voir au cours de cet article.

Avantages de l’agriculture productiviste

Pour se faire, l’équation est simple : d’un côté nous avons les éléments qui freinent la production : insectes, mauvaises herbes, jachère, climat peu favorable… et de l’autre ceux qui la boostent : engrais, mécanisation, eau, pesticides. Chaque problème a ainsi sa solution : les insectes sont tués par des pesticides, les champignons par des fongicides, le manque d’eau est compensé par un arrosage intensif, et si la terre a besoin de se reposer, on lui donne des engrais !

Résultat, une productivité en hausse constante. Victoire ! Victoire ?

Revers de l’agriculture intensive

Ne nous laissons pas aveugler par les chiffres car chaque solution a son pendant et il n’est pas des moindres ! Les pesticides tuent certes les insectes nuisibles, mais également les abeilles qui polonisent les fleurs des arbres fruitiers. Sans abeilles, pas de fruits ! Mais si ces pesticides parviennent à tuer ces insectes, peuvent ils également nous empoisonner à petite dose ? Non, bien sûr car il est bien connu que de même que le nuage radioactif provenant de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière franco-allemande, le nuage de pesticide s’arrête quant à lui à la frontière du fruit…

La jachère, et par là même, le renouvellement des minéraux de la terre indispensables à la vie, est boudée car considérée comme inutile. Il est bien connu que lorsqu’un être humain est fatigué, un bon café accompagné d’une vitamine C et tout repart ! Et pourtant, aussi illogique soit-il, un bon somme (c’est-à-dire ne rien faire pendant 2 heures) restitue beaucoup plus de forces qu’un bon fruit, même bio, pourrait le faire. Les engrais sont donc largement employés, et drainés sous forme de nitrates vers les nappes phréatiques par les eaux de pluie.

Cela par contre n’est pas très grave puisque ces mêmes nappes sont en voie d’assèchement, à cause de l’irrigation intensive estivale.

La mécanisation intensive, quant à elle, entraine certes une bien meilleure productivité, mais a surtout détruit un bon nombre d’emplois dans le secteur.

Que faire face à ce constat ? Car non seulement nos terres et nos eaux se polluent chaque jour un peu plus, mais ce mode de production entraine, par la mondialisation des échanges, une pollution de l’air non négligeable et pourtant inutile : pourquoi ne pas consommer français lorsqu’on habite en France, au lieu de consommer des produits d’Espagne par exemple ?

L’agriculture traditionnelle, rempart face à l’agriculture intensive

Certains agriculteurs se sont élevés contre ces méthodes de production et ont conservés une agriculture traditionnelle, fondée sur un véritable respect de la nature. Mais cet idéalisme a un coût, et les rendements étant mois élevés que dans l’agriculture intensive, il faut pouvoir compenser le manque à gagner.

La charte de l’agriculteur traditionnel est simple mais efficace. Tout d’abord, l’intégralité de la production doit être vendue, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas dans l’agriculture intensive. Ensuite, la vente doit privilégier la proximité géographique. Cela évite bien évidemment les coûts de transports. Enfin, le producteur, en pratiquant la vente directe, évite le surcoût dû aux intermédiaires et s’octroie par là même une marge décente.

Bref, on peut donc trouver près de chez soi des produits de qualité, de saison, à un coût comparable à ceux des hypermarchés, tout en fournissant du travail à notre propre patrie. Profitons-en !

Un article écrit par Esther Alezra

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