Conséquences du pic pétrolier

Le pic pétrolier, vous connaissez? En gros, c’est une théorie qui stipule que la production de pétrole augmente jusqu’à ce que 50% du pétrole soit extrait, puis ne peut que décliner ultérieurement. Cette théorie a été validée par le pic pétrolier que certains pays ou région ont déjà atteint (le Texas dans les années 1970, le Mexique dans les années 2000…) mais le débat reste entier pour savoir si le pic pétrolier a été atteint ou non au niveau mondial, et quelles seront les conséquences que ce pic pétrolier engendrera. Dans cet article, nous verrons quelles seront les conséquences du pic pétrolier.

Rapport sur le pic pétrolier

En 2005, le Département de l’Énergie des États-Unis a publié un rapport intitulé Peaking of World Oil Production : Impacts, Mitigation, & Risk Management plus connu sous le nom de rapport Hirsch. Ce rapport affirme que « Le pic de la production mondiale de pétrole pose aux États-Unis et au monde un problème de gestion des risques sans précédent. Alors que le pic approche, les prix du pétrole et la volatilité des prix augmenteront considérablement, et, sans une atténuation appropriée, les coûts économiques, sociaux, et politiques seront sans précédent. ».

Ce qui est logique, car si la demande augmente et l’offre diminue, les prix sont mécaniquement appelés à augmenter

Une demande inélastique

Certes, la demande peut varier un peu avec l’offre, comme la baisse de 10% de la consommation en pétrole en 2008 quand le baril avait atteint 147 dollars. Avec la crise économique, les prix sont retombés, mais sont immédiatement repartis à la hausse, et en 2012, l’OPEP a annoncé un profits historique: 1 000 milliards de dollars de revenus sur l’export de pétrole…

Mais le problème reste entier : si on ne fait rien, un pétrole cher signifie un ralentissement de la croissance, donc une hausse du chômage (dans les pays sans Etat-providence, une hausse de la misère), un report sur des énergies plus abondantes (gaz, charbon…) donc la hausse de leur coût, mettant en danger les plus pauvres. La situation de 2012/2013 (Grèce/Espagne) est un prémisse de ce qui pourrait se passer lorsque la crise écologique aggravera la crise financière actuelle.

Les plus démunis seront les plus touchés

Les conséquences du pic pétrolier (pétrole rare et cher) peut menacer la vie par exemple des plus pauvres vivant en Sibérie, qui n’auraient plus de quoi payer le chauffage… Inversement, des prix faibles pousse la demande et au gaspillage de l’énergie (étalement urbain, chauffage au fioul, non-économie d’énergie…)

Pour éviter une solution apocalyptique, des solutions d’atténuation viables existent à la fois sur l’offre et la demande (télétravail, conduite écologique, report de la route sur le chemin de fer, amélioration des rendements des moteurs, appareils électriques plus sobres, location de type Vélib, manger moins de viande, taxation progressive mais à la hausse des produits pétroliers…), mais pour qu’elles aient un impact substantiel, elles doivent être engagées plus d’une décennie avant le pic. Donc dès maintenant, durant la décennie 2010/2020.

Lecture complémentaire: Comment devenir écolo

Conclusions du rapport Hirsch

Le rapport Hirsch a abouti à un certain nombre de conclusions :

– Le pic pétrolier mondial va se produire – certains prévisionnistes le prévoient dans la décennie, d’autres plus tard.

– Le pic pétrolier pourrait coûter cher aux économies – particulièrement à celle des États-Unis. En France, avec 2 millions de barils importés chaque jour, toute hausse du baril de 10 dollars coûte 7,7 milliards de dollars (6 milliards d’euros), soit plus que ce que touchent 1 millions de RMIstes. 30 avions de ligne. 6.000 éoliennes. 300€ par mois de bourse pour tous les étudiants de France. Au choix, voila le vrai coût de l’énergie, juste ce que représente 10 dollars par baril.

Le pic pétrolier représente un défi unique – les transitions précédentes étaient progressives et évolutives ; le pic pétrolier sera brutal et révolutionnaire. Le problème réel est le pétrole pour le transport – véhicules à moteur, avions, trains, et bateaux n’ont pas d’alternative disponible en de si grandes quantités, et la transition post-pétrole ne sera une réussite qu’en alliant un mix d’énergies renouvelables avec de solides économies d’énergie.

Les efforts d’atténuation demanderont beaucoup de temps – un effort intense pendant des décennies.

À la fois l’offre et la demande demanderont de l’attention – une plus grande efficience peut réduire la demande, mais il faudra produire de grandes quantités de fiouls de substitution.

C’est une question de gestion des risques – une atténuation précoce sera moins dommageable qu’une atténuation retardée. Ainsi, si on veut diminuer de 80% notre réduction d’énergie entre 2010 et 2050 comme certains le préconisent, il faut diminuer de 4% notre consommation. Jouable. Si on attend 2015 (+2% par an jusque 2015), il faudra baisser de 5%/an. Si on attend 2020, -6% par an. Si on attend 2030, -10% par an. Plus on attend, plus ce sera difficile.

Il faudra une intervention des gouvernements – sinon les conséquences économiques et sociales seraient chaotiques.

Un bouleversement économique n’est pas inévitable – sans atténuation, le pic provoquera un bouleversement majeur, mais avec un délai suffisant, les problèmes sont solubles (il n’y a qu’à se rappeler que le soleil fournit toutes les heures autant d’énergie que l’humanité n’en consomme en un an…)

On a besoin de plus d’informations – une action efficace demande une meilleure compréhension d’un certain nombre de problèmes, et c’est dans ce but qu’existe ce blog sur l’environnement.

Trois scénarios post-pic pétrolier

Le rapport liste trois scénarios possibles :
– Attendre que la production mondiale de pétrole atteigne son maximum avant de déclencher un programme d’urgence laisse le monde avec une pénurie significative de pétrole pour plus de deux décennies ;
– Lancer un programme d’atténuation d’urgence dix ans avant le pic pétrolier mondial aide considérablement mais provoque encore une pénurie de pétrole environ une décennie après le moment où la production aura atteint son maximum ;

– Ou lancer un programme d’atténuation d’urgence vingt ans avant le pic semble offrir la possibilité d’éviter une pénurie mondiale pour la période de prévision.

Cet article est désormais terminé. J’espère qu’il vous a informé et bonne visite sur Eco-Malin.com

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