Ce qu’on ne vous a jamais dit sur le développement durable – Partie 2

Au cours du précédent article, nous avons vu que la consommation énergétique repose sur les deux facteurs suivants que sont la population mondiale et l’élévation du niveau de vie. Le développement durable n’est possible qu’en actionnant simultanément ces deux leviers.

Nous avons vu que le meilleur moyen de limiter la population mondiale est de réduire le nombre d’enfants par femme, et le meilleur moyen pour le faire est d’améliorer l’éducation données aux femmes qui ont souvent un accès plus difficile à l’éducation dans de nombreux pays dans le monde (64% des analphabètes sont des femmes). Eduquer les femmes (que ce soit à l’école ou dans la promotion du planning familial) permet de leur donner des perspectives économiques et de limiter le nombre de naissances.

L’autre facteur responsable de la hausse de la consommation d’énergie est la hausse du niveau de vie. Que faire ? C’est ce que nous allons voir maintenant. 

Le niveau de vie

Excellente nouvelle : le PIB par habitant (reflétant indirectement les niveaux de vie) a fortement augmenté au cours des 30 dernières années dans le monde, même en France où le niveau de vie a augmenté de moitié.

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D’un point de vue social, c’est une formidable nouvelle :

– L’espérance de vie augmente partout dans le monde : en Afrique Subsaharienne, parent pauvre de l’économie mondiale, l’espérance de vie augmente de 6 mois tous les ans, un rythme deux fois plus élevé qu’en Europe

– Le niveau de vie augmente également rapidement : Internet et la téléphonie mobile se développe partout dans le monde (le Kenya est champion du paiement par téléphonie mobile par exemple), le confort moderne envahit le monde.  Le Chinois moyen vit aussi bien qu’un Français des années 1960

Mais tout ceci a un prix élevé : une consommation énergétique en plein essor.

 

Le développement : un privilège réservé à une élite ?

La consommation énergétique en plein essor implique deux problèmes :

– Un problème écologique : au niveau global, c’est le réchauffement climatique. Au niveau global, la consommation d’énergie provoque de la pollution et des maladies respiratoires.

Un problème économique : Avec la baisse des ressources naturelles, le prix des matières premières augmente, ce qui pénalise les consommateurs. Par ailleurs, que faire le jour où il n’y aura plus de matières premières

 

Face à ce double enjeu, beaucoup de personnes richissimes (c’est-à-dire la quasi-totalité des Français, si vous gagnez le SMIC vous faites partie des 8% des humains les plus riches du monde, source) disent « il ne faut pas que tout le monde accède au confort moderne, sinon cela va péter ». Mais est-ce vraiment la solution ?

Le développement durable consiste à intégrer l’homme et la nature dans un ensemble harmonieux. Laisser les gens souffrir d’une misère crasse au motif qu’au moins, ils ne consommeront rien et ne pollueront est inacceptable comme vous pouvez le découvrir ci-dessous dans cette excellente vidéo d’Hans Rosling :

 

 

20% des humains les plus riches de la planète (vous, moi) consommons 80% de l’énergie dans le monde. Critiquer les gens démunis de rechercher plus de confort alors qu’on baigne dans le luxe est ridicule comme le montre cette vidéo :

Les solutions existent

Si le niveau de vie augmente partout dans le monde, que faire ? Il existe pourtant des solutions pour permettre aux gens d’accéder à un meilleur niveau de vie sans que la consommation d’énergie ne dérape. Ne cherchez pas une solution miracle, c’est la multitude de petites actions qui mis bout à bout fera la différence.

« Qu’est ce qu’un océan, sinon une multitude de gouttes » (Cloud Atlas)

Avant d’investir dans un panneau solaire, voici quelques solutions pour aboutir à un développement plus durable que vous pouvez mettre en pratique dès à présent.

 

1. Faites le chasse anti-gaspi

Si vous avez envie de remplir une baignoire, mieux vaut fermer la sortie d’eau qu’augmenter le débit de l’arrivée d’eau, c’est logique non ? Pour votre logement c’est pareil : avant d’investir dans une nouvelle chaudière ou un nouveau panneau solaire, isolez mieux votre logement. Près de chez moi, il y a un logement qui suite à son isolation nécessite 7 fois moins d’énergie qu’avant. Vous pouvez diviser votre consommation d’électricité pour vous éclairer par 5 à 10 en investissant dans des lampes LED…

N’oubliez pas : la meilleure énergie, c’est celle… que vous ne consommez pas.

 

2. Dites oui à l’économie circulaire

Pour limiter votre impact sur l’environnement, dites oui à l’économie circulaire. Mieux vaut acheter un produit non écolo d’occasion par exemple qu’acheter un nouveau produit en matière recyclée, car acheter d’occasion évite d’avoir à produire un nouvel objet donc limite la consommation en ressources naturelles.

Pour en savoir plus sur l’économie circulaire, je vous invite à consulter le dossier ici: 

L’économie circulaire: partie 1

L’économie circulaire: partie 2

 

3. Mutualisez vos ressources

En moyenne, une voiture comporte… 1,2 à 1,5 personnes à bord, ce qui signifie que la plupart du temps, les gens sont seuls en voiture. Cette situation est absurde économiquement – un avion part avec 80% de taux de remplissage, pas 30% – et écologiquement.

Pourquoi ne pas mutualisez vos ressources – colocation si vous avez une pièce en trop, covoiturage… dès que vous le pouvez ? Si vous ne pouvez pas mutualiser vos ressources pourquoi ne pas utiliser les ressources d’autrui déjà mutualisées (ex : transports en commun ?)

4. Préférez la qualité à la quantité

Préférez viser la qualité à la quantité. Par exemple, lorsque j’ai acheté mon dernier appareil photo compact, j’ai dépensé 300€ alors qu’il y a des modèles d’entrée de gamme à 100 ou 150€. Mais j’ai préféré investir plus pour un appareil de qualité dont je serai satisfait plus longtemps dans la durée.

Que je garde un appareil à 300€ disons 6 ans ou un appareil à 100€ durant 2 ans, cela revient au même au niveau du prix : l’appareil revient à 50€ par an dans les deux cas. Sauf que dans le premier cas, je bénéficierai de photos de qualité et limiterai mon impact sur l’environnement, en renouvelant moins souvent mon matériel électronique.

Bref, que ce soit pour vous ou la planète, préférez la qualité à la quantité

 

5. Le développement des énergies vertes

Les énergies vertes se développeront tôt ou tard jusqu’à atteindre 100% de la consommation énergétique mondiale. Idéaliste ? Pas du tout, je suis réaliste. Pour le moment si les énergies vertes sont peu utilisées alors même que collectivement, on aurait intérêt à les utiliser, c’est simplement qu’au niveau local, cela coûte moins cher d’utiliser les énergies sales que les énergies propres (article complémentaire : théorie des jeux appliqué au développement durable).

Mais, le coût des technologies propre diminue avec le temps grâce aux économies d’échelle. Par exemple le prix des panneaux solaires diminue de 15 à 20% par an (source). A l’inverse, le prix du pétrole a augmenté en moyenne de 17% par an au cours des 10 dernières années (le baril est passé de 28$ à 111$ depuis 2003).

Si les énergies fossiles voient leur prix augmenter de 15 à 20% par an et celui des énergies vertes diminue de 15 à 20% par an, il n’y a pas besoin d’être grand devin pour deviner qu’à un moment donné, les énergies vertes seront plus rentables que les énergies sales.

A ce moment là, la demande en énergies verte explosera et la transition énergétique sera très rapide…

Autres solutions

De nombreuses autres solutions innovantes existent pour rendre le développement durable comme je l’évoquais dans l’article 6 moyens originaux pour produire de l’énergie :

– Utiliser les ressources sous-exploitées (comme le bois en France)

– Utiliser les déchets des autres pour produire de nouvelles richesses (comme ce qui se fait dans certains endroits au Danemark)

– La puissance des algorithmes.

L’électricité ne peut être stockée qu’en pompant de l’eau vers un barrage haut. Les énergies solaires et éoliennes sont très variable (le vent peut se lever ou s’arrêter à tout moment). Pour le moment, l’essor des éoliennes s’est fait avec l’essor des centrales au gaz qui prennent le relai lorsqu’il n’y a plus de vent. Demain, avec les puissances d’algorithme (smartgrid…) de Google, la consommation d’énergie pourra être modulée en fonction des énergies renouvelable et permettre de ne plus avoir besoin de centrales relais pour pallier aux creux de production d’électricité.

Synthèse

Penser que les technologies vertes seront une réponse à l’enjeu environnemental est un leurre. Ainsi, les éoliennes et panneaux solaires sont plus glamour que les centres de méthanisation, mais la biomasse reste bien plus efficace pour un développement durable que les panneaux solaires par exemple. Les technologies vertes peuvent bien sûr être utiles, je ne le nie pas, mais elles ne sont qu’un moyen parmi d’autres.

Croire que le développement durable viendra du haut (la politique) est également un leurre. Bien sûr, les normes environnementales se durcissent, mais entre absence de vision, calculs politiques pour se faire réélire et lobbying, il ne faut pas trop espérer des politiques.

En revanche, je pense pouvoir affirmer sans trop prendre de risque que le développement durable ne viendra qu’en cumulant plusieurs axes que sont :

– L’éducation des femmes

L’augmentation des taxes sur l’énergie : Les gens ne changeant pas d’eux même, la baisse de la consommation d’énergie (covoiturage, voiture hybrides…) ne viendra que quand ce sera économiquement rentable de le faire

– Le développement des énergies vertes grâce à de nombreuses personnes (entrepreneurs, chercheurs, biologistes) innovants

 

Cet article est désormais terminé. J’espère qu’il vous a plu et bonnes continuations à vous 😉

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