Voitures électriques aujourd’hui en France

Aujourd’hui la majorité des voitures électriques est possédée par des entreprises ou par des collectivités territoriales : le principal possesseur de voitures électriques en France est La Poste. En effet, la distribution du courrier est particulièrement exigeante pour les véhicules : ces derniers subissent une utilisation urbaine intensive sur des courtes distances et alternent en permanence départs et arrêts. Leur consommation de carburant est ainsi couramment le double de celle d’un véhicule utilisé « normalement » et les véhicules électriques répondent bien au besoin de ces véhicules. La Poste, qui exploite aujourd’hui un parc automobile de près de 50 000 véhicules légers et utilitaires, pourrait à terme utiliser uniquement des véhicules électriques.

Les voitures électriques récentes

La première voiture électrique réellement moderne a été la EV1 de General Motors, développée spécialement pour répondre aux sévères lois anti-pollution Californiennes. Construite à 1117 exemplaires et disponible uniquement en location, le programme a ensuite été arrêté… Certains évoquent des pressions de la part de lobbies pétroliers.

La compagnie californienne Tesla Motors vend depuis 2008 une petite voiture sport : la Roadster Tesla. Vendue 100 000$, cette voiture peut parcourir 350-400 km entre deux recharges, accélère vite (0-100 km/h en 4 secondes), est bridée électroniquement à 200 km/h. Une berline, le modèle S, est proposé pour 50 000$ (40 000€) et peut contenir jusque 7 personnes (5 adultes deux enfants) et devrait sortir fin 2011, début 2012. Si l’électrique fonctionne bien, les prix diminueront pour devenir accessible au plus grand nombre…

La société indienne « Reva Electric Car Company » produit depuis 2001 la REVA, une petite voiture électrique 2+2 places, d’une vitesse de pointe de 80 km/h et d’une autonomie nominale de 80 km. En 2010, Toyota et EDF vont tester une nouvelle voiture hybride en vue d’une future commercialisation. Cette voiture essence hybride sera rechargeable sur une prise électrique domestique. Ce qui permettra pour les petits trajets de rouler exclusivement à l’électricité, la propulsion essence étant dans ce cas réservée aux trajets plus longs. Lors du salon de Tokyo de la rentrée de cette dite année, Mitsubishi a présenté sa iMiev sport (iMiev pour : Mitsubishi Inovative Electric Vehicle) et Subaru son concept car G4e. Ces deux voitures tout électrique ont une autonomie de 200 km. Le premier camion tout électrique pour les livraisons en ville est déjà en service en Angleterre. Comme à Londres la circulation dans le centre est soumise à péage sauf pour les véhicules électriques, le constructeur Smith Newton a conçu ce camion à cet effet. Il a une autonomie de 80 km et une charge utile de 3,4 tonne.

Prospective et projets à court terme

L’entreprise de construction automobile américaine General Motors commercialisera d’ici à 2010 un véhicule à moteur électrique et générateur d’appoint thermique, la Chevrolet Volt, qui ne consommerait que 1,02 litre aux 100 km (source : Wikipedia)

L’Alliance Renault-Nissan lancera des véhicules électriques. Un projet d’ingénierie OpenSource OScar31 prévoit la construction d’un véhicule électrique OpenSource.

Difficultés de recharge et pour le réseau de distribution

Pour couvrir les besoins des véhicules de tourisme Français s’ils étaient 100% électrique, on aurait besoin – ordre de grandeur – de 75,6 Twh*, soit 1/7 de la production Française d’électricité: 518,8 Twh en 2009. SI l’on reprend Wikipedia, on parle de 100 Twh, dont la moitié pour les automobiles et l’autre pour le transport par camions…

* Base : 15 Kwh/100 km (proche de la Chevrolet Volt et tesla motors). 36 millions de véhicules parcourent 14 000 km chaque année en FranceLe transport par voiture électrique semble donc plausible, mais de nombreuses problématiques demeurent. Tout d’abord :

Créer un réseau national et important de prises et sites de recharges pour pouvoir recharger son véhicule d’à peu près n’importe où, et rapidement. Problème : une recharge optimale dure une nuit. Plus on charge vite, plus une batterie chauffe et moins les rendements sont bons. Une solution imaginée à ce problème est l’utilisation de batteries interchangeables, préalablement rechargée la nuit. Un changement de batterie est aussi rapide qu’un plein de carburant, et des essais sont en cours au Japon pour un changement automatique de batteries. Mais plusieurs difficultés apparaissent, car ce système imposerait une refonte de la structure des voitures pour permettre ce changement en toute sécurité. Cela implique une refonte des stations-essence et garages, actuellement non conçus pour rendre ce service. Cela implique également un doublement (au minimum) du nombre de batteries mises sur le marché pour ces véhicules, et donc une augmentation des prix et des consommations de métaux rares et polluants.

– Augmenter les capacités du réseau électrique : 75 Twh représentent la production de 9 à 10 réacteurs nucléaires. Construire 9 à 10 réacteurs coûte au bas mot de 50 milliards d’euros pour ces réacteurs sans compter le réseau qu’il faudrait agrandir… Et actuellement, l’électricité n’est disponible en suffisance que la nuit, plutôt en été. Une solution du problème pourrait être d’économiser de l’électricité d’autre part. Remplacer 50 millions d’ampoules de 100 watts pour des basses consommations de 20 Watts fait économiser 500 MW, l’équivalent d’une demi-tranche nucléaire. La suppression des veilles, une centrale en plus… On chargerait les voitures avant tout la nuit. Seul l’électricité résiduelle (ne pouvant être économisés ou produite la nuit) justifierait d’augmenter les capacités du réseau, avant tout avec des énergies renouvelables (éolien, solaire, biomasse…)

Aucune solution n’est parfaite. En outre, un véhicule électrique n’a rien d’une solution parfaite. Même en admettant qu’une véhicule électrique soit à 100% électrique (électricité propre, véhicule produit à 100% en matériaux recyclés et dont l’énergie nécessaire à leur transformation vient d’énergie propre…) ce qui est loin d’être le cas (batteries nécessitant métaux lourd, électricité majoritairement fossile ou nucléaire), ces véhicules n’en demeurent pas moins source d’impact environnemental : réseau de route et de parking dévoreur d’espaces, fragmentation écologique, roadkill, pollution lumineuse…

Perspectives pour les voitures électriques

Des voitures électriques (et bus) sans batteries (OLEV (OnLine electric vehicle) ont été testées en Corée en 2009. Leur moteur est alimenté par induction à partir d’une « voie magnétique » alimentée par un réseau de câbles enfouis à quelques cm sous la surface de la route. En juillet 2009, le prototype de bus fonctionnait à 60 % de la puissance initiale avec un écart à la ligne de 12 cm. Les routes et surface des bâtiments proches pourraient un jour produire de l’électricité photovoltaïque pour alimenter de tels systèmes.

Cet article est désormais terminé. J’espère qu’il vous a plu et bonne visite sur eco-malin.com

Article complémentaire: Voiture électrique: pour ou contre

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