La face cachée des incinérateurs

En France, les autorités publiques ont fait la part belle aux incinérateurs. Sur 100 kilos de déchets ménagers, environ 40 à 50 sont mis en décharge, 40 sont incinérés et 10 à 20 sont recyclés (ceci est une moyenne, la part dépend du type de déchets considéré). Si la mise en décharge n’est évidemment pas la solution idéale (avant de recycler, mieux vaut réduire la quantité de déchets que vous produisez), les incinérateurs sont loin d’être la solution pour une gestion saine des déchets, et voici pourquoi :

Comment marche un incinérateur ?

Un incinérateur brûle par le feu les déchets. Il utilise pour cela le carbone ou les produits hydrogénés des déchets (exemple : matières plastiques…) et si l’énergie des déchets est insuffisante, on utiliser du gaz ou du fioul pour que la combustion de fasse.

Les mâchefers

Grosso modo, car tout dépend de la nature des déchets apportés, mais en moyenne, lorsque 100 kilos de déchets arrivent en incinérateur, après combustion il ne reste plus que 25 à 30 kilos de résidus solides. Cela ne résout pas pour autant le problème des 70 kilos restant, car les 70 kilos restants passent du statut de déchet solide à déchet gazeux : dioxyde de carbone, …

Les 25-30 kilos restants, nommés mâchefers, seront triés pour récupérer le verre ou les bouts de métaux récupérables. Mais cela représente une faible partie du mâchefer, dont il faudra se débarrasser tôt ou tard. Pour cela, on s’en servira par exemple comme remblais, lors de la construction d’une route ou d’un chemin de fer par exemple. Si c’est bien fait, cela ne pose pas (trop) de problème, mis si c’est mal fait, les eaux de pluies au contact du mâchefer se chargent de métaux lourds contenus dans le mâchefer, métaux qui se retrouveront ensuite dans les rivières, dans les poissons et donc chez l’Homme (fin de la chaîne alimentaire).

Les REFIOM

Métaux lourds, déchets solides à se débarrasser, dioxyde de carbone… le bilan des incinérateurs ne s’arrête pas là. Car il faut savoir que lors d’une combustion à haute température, des réactions chimiques font apparaître des déchets qui n’existent pas à l’origine dans les déchets tels que de la dioxine… Ces résidus sont stoppés par les filtres des incinérateurs, résidus que l’on nomme REFIOM, ce qui signifie Résidus d’Epuration des fumées d’incinération d’ordures ménagères. Pour 100 kilos de déchets se forment environ 5 à 7 kilos de REFIOM. Cela signifie que sur les 20 millions de tonnes de déchets ménagers produit chaque année par les ménage Français, 8 sont incinérés ce qui engendre 400 000 à 560 000 tonnes de REFIOM.

Ces REFIOMS constituent des déchets uniques car on ne sait qu’en faire pour le moment. Problème : ils contiennent du plomb, du mercure, de l’arsenic… La seule solution trouvée pour le moment et de les vitrifier pour réduire temporairement les risques et de les enfouir, notamment dans les anciennes mines d’Allemagne de l’Est. Quand la maison est sale, glissons la poussière sous le tapis…

En savoir plus sur le REFIOM: Syctom Paris

Cela ne va qu’empirer…

Un incinérateur se rentabilise sur des décennies. La tentation est grande pour un opérateur de rester sur un « statu quo », voire d’inviter à brûler toujours plus de déchets comme les plastiques (bien qu’on puisse en recycler certains), car cela facilite la combustion de déchets plus durs à brûler (tels que les déchets alimentaires et autres produits organiques…) et puis certains sont payés à la tonne incinérée – quel intérêt dès lors de limiter la quantité des volumes incinérés.

Au final, on aboutit à des absurdités. Les déchets organiques, gorgés en eau, pourraient être méthanisés et créer du biogaz, et les résidus comme fertilisant pour les exploitations agricoles. Mais non on préfère les brûler, et comme on brûle de l’eau – absurde et difficile – on compense en brûlant des plastiques alors qu’on pourrait les remplacer. Et ces plastiques produisent des composés qui génèreront des pluies acides, qui nuisent à la fois à l’environnement et à l’Homme, en termes de maladies etc.

Certes, les nouveaux incinérateurs sont moins pire que les anciens. Mais avec encore près de 50% de mise aux rebuts des déchets ménagers et des volumes en hausse de 1%, le risque est que le volume incinéré augmente sur le long-terme…

Résumons la situation :

En brûlant 100 kg de déchets, on produit :
– La combustion de 70 kilos de déchets, produisant plusieurs centaines de kilos (donc plus que la quantité initiale) de déchets gazeux
– 25 kg de mâchefer dont on se débarrasse du mieux qu’on peut (c’est-à-dire mal)
– 5 kg de REFIOM, hautement toxiques, dont la seule solution est l’enfouissement…

C’est grave, car les citoyens paient cher des incinérateurs (cela coûte plus cher que le recyclage ou la mise en décharge) qui nuisent à tout le monde… d’autant plus qu’on pourrait pratiquer le recyclage.

Quelques solutions

Ne soyez pas victimes des grandes décisions industrielles :

– Militez pour empêcher aux nouveaux incinérateurs de s’installer, et lutter pour le recyclage.
– Préférez les bacs de recyclage pour vous bouteilles et autres produits recyclables
Compostez vous-même vos déchets organiques ou jetez le en forêt (épluchures…), car ces produits sont biodégradables et mieux vaut qu’ils finissent ainsi que dans la gueule béante d’un incinérateur
– Limitez les impressions papier, et affichez un écriteau « non à la pub » sur votre boîte à lettres
– Préférez les emballages en verre à ceux en plastique
– Lorsque vous avez des restes alimentaires, réutilisez les ou congelez les au lieu de les jeter
– Préférez les sacs poubelles en amidon plutôt qu’en plastique, qui dégageront moins de produits nocifs
– Buvez de l’eau en carafe plutôt que de l’eau en bouteille

 

Cet article est désormais terminé. j’espère qu’il vous a plu et bonne journée à vous. Articles complémentaires:

La méthode des 3R

Limitez les emballages inutiles

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