Enjeux du COP 21

Du 30 novembre au 11 décembre 2015 a lieu à Paris la COP 21, l’une des plus grandes conférences mondiales sur le thème de l’environnement. Cette conférence a pour but de mettre en place des mesures concrètes pour limiter le réchauffement climatique à +2°C d’ici 2100 (au-delà, on estime que le réchauffement climatique aura des conséquences irréversibles sur l’écosystème et les sociétés humaines). A priori, l’évènement semble à la hauteur de l’enjeu : 150 chefs d’État conviés, 15 jours de conférence et 170 millions d’euros de budget. Mais l’éléphant accouchera-t-il d’une souris ? Profitons de la COP 21 pour revenir sur les enjeux environnementaux en général.

L’écologie c’est quoi ?

Le mot « écologie » vient du grec « oikos » (maison) et « logos » (science). Au sens le plus littéral du terme, l’écologie, c’est la science de la maison. Les sociétés industrielles nous ont coupées du lien avec la terre (on travaille au bureau, on cherche la nourriture au supermarché) mais l’homme reste un animal dépendant de son environnement. Sans soleil, sans eau potable en abondance et sans nourriture, l’humain ne pourrait guère vivre plus de quelques jours.

L’écologie (et le développement durable), c’est faire en sorte de concilier le développement économique et le développement social (progrès humain) avec la protection de l’environnement.  L’écologie, ce n’est donc pas une lubie d’écolo-bobo, c’est juste du bon sens. Limiter la consommation d’énergie fossile (mais aussi favoriser le recyclage) permet de :

  • Limiter les maladies : c’est bon pour les gens et cela réduit le trou de la Sécurité Sociale.
  • Réduire les importations de pétrole : cela améliorera la balance du commerce extérieur et limitera la dépendance énergétique de la France vis-à-vis de l’étranger.
  • Lutter contre le chômage, via la création d’emplois dans la rénovation de l’habitat, dans les filières de recyclage et de la valorisation énergétique, ou encore dans les start-ups innovantes (Blablacar…)

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Lire aussi :Le développement durable : c’est quoi ?

Si l’écologie est si importante, pourquoi pas grand-chose n’a été fait ?

Le développement durable est un domaine extrêmement complexe, chaque élément étant en interaction avec tous les autres. Mais pour simplifier, disons que pour avoir du développement durable, il faut de la technologie et de l’argent.

  • Au XIXe siècle, la technologie était primitive (économie basée sur l’industrie lourde et le charbon) et était intrinsèquement polluante. Aujourd’hui, les technologies (téléconférence, télétravail, voiture électrique, énergie éolienne, recyclage) sont plus que suffisantes pour rendre le développement durable. Après tout, le soleil produit plus de 10 000 fois la quantité d’énergie consommée par l’humanité.

• 8 secondes de soleil = Consommation annuelle en électricité en France

• 90 secondes de soleil = Consommation annuelle en électricité aux États-Unis

• 7 minutes de soleil = Consommation annuelle en électricité dans le monde

Pourquoi la société actuelle n’est pas durable ? La réponse à cette question vient de l’argent. Contrairement aux idées reçues, les énergies renouvelables ne coûtent pas cher. C’est un mensonge. Les énergies renouvelables coûtent bien moins cher que les énergies fossiles… Voici pourquoi elles ne se développent pas davantage :

  • Les énergies fossiles sont largement subventionnées: Les entreprises pétrolières et autres n’assument ni le coût des guerres au Moyen-Orient (pour sécuriser l’approvisionnement en matières premières), ni les dépenses médicales des maladies engendrées par la pollution, ni la destruction des écosystèmes.

Pour rappel, en France, entre les 42 000 morts par an engendrés par les particules fines du diésel et les maladies diverses (asthme, cancer du poumon…), la pollution coûte 101 milliards d’euros par an. Si ce « surcoût » était répercuté sur le prix du pétrole, le prix du baril augmenterait de 173€. Dit autrement, le litre de carburant passerait de 1,20€ à 2,50€. Sans doute 3-4€ le litre en intégrant la mortalité routière, la construction et l’entretien des routes…

  • L’énergie nucléaire est aussi largement subventionnée : Le prix du démantèlement des centrales nucléaires et du site d’enfouissement de Bure (35 milliards d’euros au bas mot) n’est pas intégré dans le prix de l’électricité.
  • Les lobbies énergétiques gardant les bénéfices et laissant les pertes (mortalité due à la pollution, guerres, dépenses médicales) à la collectivité, ils ont tout intérêt à garder le statu quo via les outils à leur disposition.

On est foutu ?

Si les grands industriels ont historiquement traîné des pieds pour changer leur business (faire des bénéfices payés par le contribuable via les subventions), on peut raisonnablement penser que ce statu quo est amené à changer à l’avenir. Bref, on n’est pas foutu, et je crois intimement au développement durable. Voici pourquoi.

  • L’homme n’est pas suicidaire 

En 2012, j’ai vécu à Pékin en Chine, une ville très polluée. Quand je dis polluée, je veux dire « il est possible de regarder le soleil sans se brûler les yeux par jour de ciel bleu tant la pollution filtre la lumière ». Je veux dire « sentir l’odeur de charbon ou tousser quand on court dehors »…

Bref, la pollution fait peur à Pékin, mais les puissants et les milliardaires subissant la pollution comme les autres, cela commence à changer. La Chine investit davantage d’argent dans les énergies renouvelables que le reste de la planète. De nombreuses lignes de métro et de lignes de TGV sont construites pour limiter la dépendance aux avions ou aux voitures. 100 millions de scooters électriques circulent, et le nombre de nouvelles plaques d’immatriculation est limité. Ce n’est peut-être pas suffisant, mais cela montre que l’Homme commence à bouger quand la pollution l’attaque, lui et sa famille.

  • C’est rentable

La raréfaction des énergies fossiles est inévitable puisqu’on extrait plus vite que la ressource ne se renouvèle, ce qui engendrera nécessairement une hausse du prix de l’énergie sur le long terme (l’offre et la demande).

La hausse des prix de l’énergie n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les producteurs, car les coûts de production augmentent également : cela coûte très cher d’extraire du pétrole sous les glaces de l’Arctique ou en haute mer à 6000 mètres de profondeur.

En revanche, la hausse du prix de l’énergie rend les énergies renouvelables de plus en plus compétitives. Lorsque le prix du pétrole excèdera (malgré les subventions massives) le prix des énergies renouvelables, alors les consommateurs se tourneront massivement vers ces nouvelles formes d’énergie et les entreprises suivront, business oblige.

  • Les gens commencent à se poser des questions

Même si les gens parlent plus qu’ils agissent, les gens commencent à agir pour l’environnement ne serait-ce que pour des raisons financières comme en atteste l’essor du covoiturage.

  • La Silicon Valley s’en mêle

Un nombre croissant d’entreprises de la Silicon Valley investissent dans les énergies renouvelables, car elles ont plein d’argent en réserve (par exemple, Apple dispose de 200 milliards de dollars d’économie,  plus que les réserves du gouvernement américain) et investir dans le développement durable est un excellent moyen de développer et diversifier le business. Par ailleurs, laisser son empreinte sur l’humanité est un beau dessein pour les entrepreneurs milliardaires. Ainsi :

  • Bill Gates a lancé le « Breakthrough Energy Coalition» (avec 2 milliards de dollars de sa propre poche) pour financer des start-ups innovantes dans le domaine environnemental.
  • Après avoir fait fortune dans la banque (Paypal), Elon Musk gère désormais Tesla (voitures électriques révolutionnaires) mais aussi une entreprise de leasing de panneau solaire et de stockage de l’énergie.
  • Jeff Bezos (PDG d’Amazon) et Elon Musk sont en train de travailler sur des lanceurs spatiaux réutilisables, ce qui permettra d’abaisser les coûts d’exploration spatiale. Google investit dans l’exploitation minière des astéroïdes. Des centrales solaires spatiales seront peut-être possibles à l’avenir.

Si la technologie ne sauvera pas le monde, elle a son rôle à jouer. Ainsi les voitures sont amenées a énormément changer à l’avenir

Tesla travaille sur des voitures électriques de moins en moins chères, avec une autonomie toujours plus grande, qui se rechargent vite et bientôt se conduiront toutes seules. Über veut casser le prix des taxis en lançant des taxis électriques (Tesla) sans chauffeur.  Apple aussi se lance dans la voiture électrique. Google optimise les voitures. Ils ont les cartes (Street View), le GPS (Waze) et savent fabriquer des voitures automatiques qui se construisent toutes seules. Blablacar permet d’optimiser le remplissage des voitures en temps réel.

D’ici 10 ou 15 ans, appeler une voiture électrique depuis son smartphone qui viendra vous chercher à domicile et vous conduira là où vous le souhaitez sans que vous ayez à la conduire pour une bouchée de pain sera devenu d’une grande banalité.

Que faire concrètement ?

Au cours des dix dernières années, les émissions de CO2 par habitant ont baissé dans la plupart des pays riches : -10% en France et en Allemagne, -20% aux États-Unis ou en Espagne… Certes, ce constat est à relativiser : une bonne partie de la pollution a été délocalisée en Chine, devenue entre-temps l’usine du monde. Une chose est sûre : nous sommes sur la bonne voie.

Le pétrole sera difficile à remplacer, car ce liquide a de nombreux avantages : il se stocke facilement, produit beaucoup d’énergie, et sert à tout : à se chauffer, à faire voler les avions, à faire du plastique, des crèmes hydratantes, du plastique… Mais comme le dit l’adage, « nul n’est indispensable ».

Le développement durable est selon moi l’affaire de tous :

  • Les consommateurs

Acheter, c’est voter. Préférez les aliments bio et non transformés aux plats cuisinés. Rénovez votre logement (changez vos ampoules par des LED, préférez les petits modèles de voiture…).

  • Les gouvernements

Le gouvernement peut largement agir pour le développement durable, en  subventionnant les énergies vertes (comme il le fait avec le pétrole), en favorisant fiscalement le télétravail, en imposant de nouvelles normes environnementales et en finançant des infrastructures propres (comme les nouvelles lignes de métro du Grand Paris).

  • Les entreprises de nouvelles technologies

Les entreprises technologiques ont leur carte à jouer. Outre Blablacar et les entreprises de la Silicon Valley, de nombreuses entreprises ont leur carte à jouer : les entreprises de recyclage, les entreprises de rénovation de l’habitat ou de la valorisation énergétique.

Dans un monde durable fonctionnant essentiellement à l’énergie solaire, il faudra développer les capacités de stockage des batteries (pour stocker l’énergie la nuit) et le smart grid (réseau intelligent qui permet d’adapter la demande à la production d’électricité), deux créneaux où sont bien positionnés Google et Tesla.

  • Les entreprises énergétiques

Faire des voitures électriques c’est bien, mais si les batteries ne sont pas recyclées et que l’électricité est produite dans des centrales au charbon, ce n’est pas l’idéal. Les entreprises énergétiques devront donc changer leur manière de fonctionner : les avions voleront à l’hydrogène ou à l’aide de biocarburant, les électriciens devront produire 100% de leur électricité à l’aide des énergies renouvelables.

Synthèse

Le développement durable est un développement économique qui permet de concilier le développement social (l’homme) et la protection de l’environnement (la nature). Préserver l’environnement n’est pas une lubie de riches. Au contraire : cela permet de faire des économies face aux énergies fossiles qui sont largement subventionnées par le contribuable. En outre, cela permettra de créer de nouveaux emplois et de limiter les maladies respiratoires.

Si les grandes entreprises (et les États) ont longtemps trainé des pieds, il y a fort à parier qu’il n’en sera pas ainsi à l’avenir.

  • Les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives. Lancer des fermes solaires ou fabriquer des voitures électriques est un excellent moyen de faire du très gros business, comme l’a bien remarqué la Silicon Valley.
  • La hausse du prix de l’énergie (sur le long terme) et la crise économique fait que les consommateurs devront nécessairement consommer moins et mieux.

Mais le chemin du développement durable sera long. Il faudra que les consommateurs, les industriels et les États agissent main dans la main en faveur d’un développement raisonné au service de l’Homme et de la nature.

Le mot de la fin

Si vous aussi souhaitez contribuer à votre échelle à la protection de l’environnement, je vous invite à lire mon livre « Le guide de l’écologie pratique » dans lequel vous découvrirez

  • 6 trucs pour réduire votre consommation en carburants jusqu’à -30%
  • Comment diviser par deux votre consommation en eau chaude
  • 13 conseils pour réduire vos dépenses en chauffage
  • Comment nettoyer votre maison de façon écologique (et économique)
  • Comment économiser 86€ par an en électricité sans rien faire
  • Et bien d’autres choses encore

 

Cet article est désormais terminé. J’espère qu’il vous a plu et n’hésitez pas à le partager sur les réseaux sociaux ou à poster un commentaire ci-dessous :

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