Bilan environnemental des biocarburants

Le bilan environnemental des biocarburants comporte trois aspects principaux : économiser les énergies fossiles pour ne pas remettre en cause notre mode de vie; limiter le réchauffement climatique afin de préserver l’environnement dont l’Homme est part intégrante, et diminuer la pollution locale, notamment dans les centre-villes des grandes agglomérations qui souffrent le plus de la pollution. Cet article vous donne plus d’informations sur le bilan environnemental des biocarburants.

3 enjeux des biocarburants

Comme mentionné en introduction, les 2 enjeux des biocarburants sont:
– Economiser les énergies fossiles, en quantité limitée, afin que notre mode de vie ne soit pas remis en cause.

– Limiter le réchauffement climatique,donc les émissions de gaz à effet de serre (GES), tout en prenant en compte l’effet environnemental des cultures (eau, sol, déforestation, végétaux non indigènes, biodiversité …)

– La pollution locale. Des biocarburants, même écologiques à 100%, rejettent certes du co2 « écologique » (le co2 émis a été absorbé au préalable par la plante) mais du co2 quand même, ce qui provoque tout de même de la pollution au niveau local.

Économies énergétiques et émission de gaz à effet de serre

Le carbone émis lors de la combustion de biocarburants, au contraire de celui des carburants fossile, a préalablement été fixé par les plantes lors de la croissance de la plante grâce à la photosynthèse. La combustion du biocarburant, émettant peu ou prou la même quantité de co2 que les hydrocarbures classique, émet de la pollution au niveau local mais n’engendre pas de gaz à effet de serre supplémentaire, donc pas de réchauffement climatique.

biocarburants

Le bilan carbone est donc théoriquement neutre. Mais les plantes peuvent avoir besoin d’engrais. Les biocarburants sont transportés par camion citerne, qui peut consommer du gasoil, et dont la fabrication du camion a nécessité des matières premières (acier, caoutchouc…) et de l’énergie (pour transformer le minerai de fer en acier pour fabriquer le camion…). Les biocarburants ne peuvent être écologiques que lorsque l’essentiel de l’économie ne dépendra pas largement des hydrocarbures.

Si les premiers biocarburants ne sont pas si économiques en tenant compte de leur cycle de production, la valorisation des coproduits (tourteaux…), par la filière éthanol cellulosique ou par méthanisation par exemple, permettra d’améliorer considérablement ce bilan. Et ils sont un message fort pour prendre conscience des enjeux environnementaux. Enfin, ils sont le premier jalon vers des biocarburants plus propres (deuxième et troisième générations de biocarburants, notamment les biocarburants issus de micro-algues).

 

 

Impacts sur la biodiversité, la ressource eau et les sols

La production de biocarburants nécessite d’importantes surfaces cultivées… Le développement exponentiel des cultures de palmier à huile en Malaisie et en Indonésie et la destruction corrélative des forêts constituent une grave menace pour l’orang-outan, une espèce au bord de l’extinction. Les biocarburants, en favorisant la monoculture, engendre une menace pour la biodiversité et selon une étude parue dans Bioscience, les chercheurs Marcelo Dias de Oliveira et al. (université d’État de Washington) la filière éthanol à partir de canne à sucre réduit la biodiversité et augmente l’érosion du sol.

Plus de 4 millions d’hectares de forêts ont ainsi été détruits à Sumatra et Bornéo entre 1985 et 2000, dont 87% pour la production d’huile de palme selon Les amis de la Terre. 16,5 millions d’autres d’hectares sont menacés. Certes, l’huile de palme est loin d’être utilisé que pour les biocarburants (alimentation, cosmétique…), mais la question est posée : alors que 25% des émissions de gaz à effet de serre sont dus à la déforestation, est-il judicieux de déforester pour produire des biocarburants quand le secteur des transports n’émet « que » 14% des gaz à effet de serre ? Ainsi, l’Indonésie… est le 3ème pollueur de la planète… derrière la Chine et les Etats-Unis, mais devant le Japon, l’Allemagne… 80% des émissions venant de la destruction des tourbières et de la déforestation.

Le remède risque d’être bien pire que le mal. Sans compter le risque d’effet rebond : des biocarburants, même écologique à 100%, risquent d’inciter les gens à consommer plus d’énergie, à plus se déplacer… et le problème reste entier, de la même manière que lorsqu’on construit une seconde route… et que le trafic du coup, double.

Article complémentaire: effet rebond

Conclusion

Les biocarburants sont une arme à double tranchant. Ils constituent sans aucun doute une des réponses à l’enjeu du réchauffement climatique, à condition qu’ils se fassent à bon escient : oui pour une culture raisonnée sur des terres non-mises en avant, oui pour des biocarburants à base d’algue et de déchets végétaux, non aux biocarburants grâce à la déforestation, non aux biocarburants qui menacent l’approvisionnement en nourriture et font augmenter les prix, qui sont préjudiciables aux gens les plus pauvres, dont certains dépensent jusque 70% de leurs revenus pour s’alimenter.

De la même manière qu’il vaut mieux boucher une baignoire plutôt que d’ouvrir plus fort le robinet pour la maintenir remplie, il serait sans doute plus judicieux de réduire la demande en carburant (développement du ferroutage, amélioration des moteurs, conduite écologique, covoiturage…) avant de chercher à produire des biocarburants…

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